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L'artiste Burkinabé Thierry Oueda devait s'arrêter cinq jours à Paris en revenant de Copenhague. Alors qu'il avait un visa en règle, la police lui a interdit l'entrée sur le territoire et l'a placé en zone d'attente (ZAPI) afin de l'expulser le lendemain pour Ouagadougou.

Il raconte ici son histoire sur Médiapart.

Même si cela parait incroyable, ce n'est malheureusement pas la première fois qu'un étranger muni d'un visa en règle se voit refuser arbitrairement l'entrée en France et cela en dit long sur le racisme dont font preuve police et institutions.

Lors d'un incendie de nuit dans la "jungle" de Calais, un jeune homme de 17 ans a été brûlé gravement. Après une vingtaine d'appels téléphoniques au 17 et au 18 où personne ne comprend l'anglais, les migrants décident de demander de l'aide au CRS stationnés à l'entrée. Devant leur refus de les aider, des bénévoles finissent par emmener directement le blessé aux urgences. Brûlé à 70%, il est immédiatement héliporté à l'hôpital de Lille où il est toujours entre la vie et la mort...

Lisa Mandel et Yasmine Bouagga racontent ce drame en BD sur leur blog : http://lisamandel.blog.lemonde.fr où elles relatent l'actualité de Calais.

Quelques jours avant la mise en oeuvre de l'accord contreversé UE-Turquie, Amnesty International publiait un rapport (en anglais) dénonçant les violations du droit international commises en Turquie. Des chercheurs de l'organisation ont ainsi récolté de nombreux témoignages mettant en évidence des expulsions forcées de Syriens. Ils estiment que, depuis la fin janvier, la Turquie aurait renvoyé de force quotidiennement une centaine de réfugiés. Les témoins affirment que, parmi eux, se trouvaient des femmes enceintes (dont une de neuf mois) et des enfants, certains ayant été séparés de leurs parents. Ces expulsions frappent les réfugiés non enregistrés mais également des personnes qui ne portaient pas leur récepissé sur elles au moment de leur interpellation.

Une situation sanitaire déplorable

Le rapport dénonce également la situation sanitaire désastreuse des camps de réfugiés à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Dans certains, plus de 50000 personnes s'entassent sans eau potable ni système d'assainissement. Les conditions de sécurité sont aussi des plus précaires, des cas de prise d'otages contre rançon ayant été signalés.

La Turquie, un pays sûr ?

Cette enquête vient confirmer le fait que la Turquie est loin d'être un pays sûr pour les réfugiés. En effet, elle viole déjà le droit international qui interdit la déportation d'individus vers des zones de guerre. On peut également douter que les trois milliards d'euros censés aider le pays à prendre soin des réfugiés atteindront bien leurs destinataires... On voit mal aussi comment l'accord servira la volonté affichée des gouvernements de lutter contre les passeurs. En effet, comme l'indique ce rapport, la frontière entre la Turquie et la Syrie est de plus en plus hermétiquement fermée. Et c'est justement cela qui contraint les réfugiés à recourir à ces trafiquants qui demandent la modique somme de mille dollars par personne pour rejoindre la Turquie...

 

D'après un rapport d'Amnesty International, des migrants afghans ont été expulsés de force de la Turquie vers l'Afganistan où ils sont sous la menace des talibans. Cela montre une fois de plus que l'accord EU-Turquie est inacceptable, la Turquie n'étant clairement pas un pays sûr pour les réfugiés. Au lieu de financer des camps de rétention en Turquie, l'Europe devrait plutôt œuvrer à un accueil communautaire des réfugiés. Nous vous invitons à nous rejoindre vendredi 15 avril au Cercle de Silence pour manifester avec nous votre indignation.

Si le Cercle de silence s'est tenu, en effectifs restreints, pendant les deux mois d'été, nous espérons nous retrouver encore plus nombreux pour le cercle du 18 septembre ! L'actualité douloureuse nous rappelle que maintenant plus que jamais, nous devons rester mobilisés. A Paris des centaines de migrants sont sans abris (au moins 500 à Austerlitz) dans des conditions sanitaires déplorables, ils sont 1300 dans un bidonville à Calais. Les centres de rétention et les expulsions continuent de tourner à plein régime. Soyons nombreux Place du Palais Royal, devant le Conseil d'Etat pour manifester notre soutien à toutes ses personnes en détresse et notre révolte devant l'inaction et le cynisme de notre gouvernement.

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