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Adoptée à l'Assemblée Nationale, la loi Asile et immigration arrive au Sénat où elle va être débattue et votée.

L'adoption définitive de cette loi constituerait un recul sans précédent sur le droit d'asile et des personnes étrangères en France :
• augmentation de 45 à 90 jours, voire 135 jours, de la durée possible d’enfermement dans les centres de rétention administrative,
• diminution du délai de recours (de 30 à 15 jours) devant la Cour Nationale du Droit d’Asile, ce recours devenant non suspensif d’une expulsion,
• réduction de 120 à 90 jours du délai pour déposer une demande d’asile
• passage de 16h à 24h de la durée de retenue administrative, sans avocat.

La Commission nationale consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) a émis un avis très négatif sur cette loi qu'elle juge « inadapté au regard des objectifs poursuivis et dangereux au regard du respect des droits et des libertés fondamentales des personnes étrangères présentes sur le territoire français ».  Plusieurs dizaines d'associations ont également signé un plaidoyer pour le retrait de cette loi qui porterait gravement atteinte aux droits humains et menace directement des personnes très démunies. Un rapporteur de la CNDA a même écrit une lettre ouverte pour dénoncer les risques que ce projet de loi fait peser sur le droit d'asile.

Nous vous invitons à lire le décryptage très complet de la Cimade sur ce projet de loi ainsi que le communiqué du Mouvement pour une alternative non-violente (MAN).

Une pétition est en ligne pour demander le rejet de ce projet de loi mortifère. Les États généraux des migrations nous appellent à interpeller nos sénateurs (ils donnent ici un modèle de lettre et l'annuaire des sénateurs).

Depuis plusieurs mois, un campement s’est installé  sur les bords du canal de la Villette. Près de 2000 personnes migrantes, hommes, femmes et enfants s'entassent dans des tentes dans des conditions d'hygiène déplorables (pas de douches, une dizaine de toilettes pour tout le monde...). La situation s’est en outre gravement dégradée depuis la fermeture le la « bulle », le centre d'accueil ouvert à Paris après le démantèlement de Calais.  Récemment, une personne a tenté de s'immoler, une femme a dû accoucher au milieu du camp et des cas de gale et de tuberculose sont reportés.
campement de la villette
Nous relayons la lettre ouvert de la Ligue des droits de l'homme à la mairie de Paris, l'appelant à agir pour accueillir enfin dignement et humainement ces personnes.

Une centaine de travailleurs sans papiers se sont mis en grève lundi à Paris et en banlieue pour réclamer leur régularisation et des négociations avec le ministère de l'Intérieur sur le statut des sans-papiers.
Ces travailleurs du bâtiment, de la restauration ou des transports ont installé des piquets de grève devant six entreprises du Val-de-Marne, de l'Essonne, du Val-d'Oise et de Paris.
"Nous voulons faire valoir nos droits ! Nous voulons être régularisés", a revendiqué Kané Ousmane, Sénégalais de 39 ans, alors qu'il manifestait comme 31 autres salariés devant les locaux de son employeur, une entreprise du BTP, dans le 12e arrondissement.
"J'ai travaillé ici pendant quatre ans, et avant, plusieurs années dans une autre boîte. J'ai le droit d'être régularisé", a expliqué à l'AFP cet intérimaire du BTP, arrivé en France en 2008.

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Lors de deux tentatives d'expulsion, une jeune femme d'origine malienne  a été insultée, frappée, attachée et menacée. Coups de poings et de genou, simulation d'étranglement, insultes racistes, humiliations...  Elle a vécu l'enfer. Elle a décidé de porter plainte et a reporté les faits à l'IGPN. StreetPress l'a interviewée au centre de rétention du Mesnil Amelot et relate son histoire dans un article édifiant.

expulsionNombreuses sont les expulsions qui se déroulent dans la violence. En 1998, de tels agissements avaient causé la mort de Semira Adamu : elle avait été étouffée, à l'aide d'un coussin, par deux policiers belges lors d'une tentative d'expulsion du territoire belge à l'aéroport de Zaventem.

Tant que la volonté de faire du chiffre dominera la politique migratoire, de telles exactions se reproduiront. Il est impossible d'expulser "humainement". Donner de tels ordres à la police, c'est prendre sciemment le risque de voir de telles attitudes se développer (voir à cet effet la très intéressante mais malheureusement peu connue expérience de la prison de Stanford).

Depuis 2014, la police française collabore étroitement avec la dictature soudanaise, favorisant ainsi le renvoi à Khartoum d’opposants politiques réfugiés en France.   Accueil d’agents sur le territoire français, visites en centre de rétention  de militaires se faisant passer pour des ONGs, nous relayons un article de StreetPress qui montre comment la collaboration du gouvernement français avec la dictature d'Omar el-Bechir (pourtant accusé de crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre par la Cour pénale internationale) a conduit à 205 expulsions vers le Soudan entre 2014 et 2016. Certaines de ces personnes venues chercher refuge en France ont été remises directement à la police soudanaise à leur arrivée à Khartoum.

 



Alors que le nombre de victimes civiles en Afghanistan est plus élevé que jamais (plus de 11 000 morts en 2016 et 2107 suit le même chemin), l'Europe, et la France en particulier, accélère les expulsions vers ce pays. Ainsi, en 2016, la France a expulsé 640 personnes vers l'Afghanistan au péril de leur vie (une personne expulsée de Norvège a ainsi été assassinée). Le nombre de personnes expulsées d'Europe vers l'Afghanistan a ainsi triplé entre 2015 et 2016 tandis que les demandes d'asiles sont de plus en plus souvent refusées (en 2016 seul un tiers des demandeurs d'asile afghans ont vu leur demande acceptée). La Cimade et Amnesty International ont publié un rapport qui met en évidence le cynisme des dirigeants européens qui déclarent sûres certaines régions du pays tout en sachant que la sécurité des civiles est loin d'y être assurée. A l'aide de pressions financières, l'Europe a ainsi signé un accord contraignant l'Afghanistan à accepter les retours.

Une pétition est en ligne pour demander l'arrêt des expulsions vers l'Afghanistan ou vers tout pays susceptible de mettre en œuvre une tel retour forcé.

Nous relayons l'appel du collectif de sans-papiers CSP75 à manifester pour la fermeture des CRAs et des hotspots. Ces lieux sont une véritable honte pour l'Europe. Dans les CRAs (centres de rétention administratives) sont enfermés des personnes sans papiers en vue de leur expulsion. Parmi elles, des enfants, des malades, des humains tout simplement, dont certains ont passé plus de dix ans en France et y ont construit leur vie. Quant aux hotspots, véritables centres de tri, ce sont des lieux où sont regroupés, dans des conditions de vie indignes, les migrants qui arrivent en Europe après des épreuves souvent terribles.
Appel à manifester vers
le Centre de Rétention Administrative de Vincennes
Vendredi 29 septembre 2017
 
RDV 14h30 Place de la République à Paris
pour se rendre au
Départ de la manifestation RER-Joinville le Pont à 15h30
 

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Depuis la fin juillet le gouvernement a mis en place un « programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile (PRAHDA) ». Cependant, il s'avère que, loin d'être accueillis, les migrants qui y sont hébergés dans des conditions souvent déplorables reçoivent les uns après les autres leurs arrêtés d'expulsion. Nous relayons ici le communiqué du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples).

...continuer la lecture de "Les PRAHDA : antichambres des expulsions"

Nous relayons l'adresse du RESF aux candidats à l'élection présidentielle de 2017.

Le 2 avril s’est tenue à Paris une réunion regroupant des représentants de collectifs du Réseau Education sans frontières (RESF) d’une quinzaine de régions.

Au cours de cette réunion a été discuté, amendé et adopté une adresse du RESF à certains des candidats à l’élection présidentielle 2017. Ce texte sera également ultérieurement soumis à une partie des candidats aux élections législatives.

Le but de cet appel est d’amener les candidats à se prononcer sur les mesures indispensables pour que les familles, les enfants et les jeunes majeurs « immigrés » installés en France parfois depuis des années trouvent leur place dans la société, bénéficient des droits qui devraient être ceux de tout individu (des papiers, un toit, une école) et lui offrent en retour leur dynamisme et leur courage comme l’ont fait les générations d’immigrés et leurs descendants qui les ont précédés.

Une conception que sont incapables de comprendre les courants et les personnalités qui font du racisme et/ou de la démagogie anti-immigré leur fonds de commerce. L’appel du RESF ne leur a pas été adressé. Délibérément.

L’appel a été envoyé le 3 avril, par mail et par courrier à Nathalie Arthaud, Benoit Hamon, Jean Lassalle, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou. Il a été également décidé d’en faire cadeau à François Fillon.

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Nous relayons la lettre que les demandeurs d'asile soudanais du centre d'hébergement d'Auxerre ont adressée aux autorités pour demander la protection de la France. Ils témoignent des raisons qui les ont poussées à fuir leur pays et des conditions éprouvantes dans lesquelles ils ont fait le trajet jusqu'en France.

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