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Depuis plusieurs mois,  les ONG intervenant en Méditerranée sont accusées de "collusion avec les passeurs", de créer un "facteur d'attraction" et même de mettre en danger la vie des migrants ! Ces associations qui sauvent des vies en mer font ainsi l'objet d'attaques et de diffamation de la part de la justice italienne et de Frontex et dernièrement de l'extrême droite européenne. Nous relayons ce communiqué de Migreurop qui alerte sur cette situation qui met en danger les sauveteurs et les migrants qu'ils tentent de secourir.

Fin 2016, l’agence Frontex et le consortium militaire européen Eunavfor Med ont ouvert le bal des critiques dans deux rapports internes : les ONG de sauvetage y étaient accusées de collusion avec les passeurs. En avril 2017, le procureur de Catane (Italie) a repris ces mises en cause et tenté de poursuivre pénalement certaines ONG, avant de reconnaître qu’il n’avait pas de preuves à l’appui de cette « hypothèse de travail ». Ce sont ensuite les gardes- côtes libyens qui ont attaqué, en mai 2017, le bateau de l’association allemande Sea Watch afin de conduire les personnes secourues par l’ONG dans des centres de détention en Libye. Depuis quelques semaines, l’extrême droite européenne s’est lancée dans une consternante opération de collecte de fonds dont le but affiché est de financer des interventions en mer pour « défendre l’Europe » et empêcher les bateaux des ONG de répondre aux obligations internationales de sauvetage en mer.

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Depuis 2014, la police française collabore étroitement avec la dictature soudanaise, favorisant ainsi le renvoi à Khartoum d’opposants politiques réfugiés en France.   Accueil d’agents sur le territoire français, visites en centre de rétention  de militaires se faisant passer pour des ONGs, nous relayons un article de StreetPress qui montre comment la collaboration du gouvernement français avec la dictature d'Omar el-Bechir (pourtant accusé de crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre par la Cour pénale internationale) a conduit à 205 expulsions vers le Soudan entre 2014 et 2016. Certaines de ces personnes venues chercher refuge en France ont été remises directement à la police soudanaise à leur arrivée à Khartoum.

 



Alors que le nombre de victimes civiles en Afghanistan est plus élevé que jamais (plus de 11 000 morts en 2016 et 2107 suit le même chemin), l'Europe, et la France en particulier, accélère les expulsions vers ce pays. Ainsi, en 2016, la France a expulsé 640 personnes vers l'Afghanistan au péril de leur vie (une personne expulsée de Norvège a ainsi été assassinée). Le nombre de personnes expulsées d'Europe vers l'Afghanistan a ainsi triplé entre 2015 et 2016 tandis que les demandes d'asiles sont de plus en plus souvent refusées (en 2016 seul un tiers des demandeurs d'asile afghans ont vu leur demande acceptée). La Cimade et Amnesty International ont publié un rapport qui met en évidence le cynisme des dirigeants européens qui déclarent sûres certaines régions du pays tout en sachant que la sécurité des civiles est loin d'y être assurée. A l'aide de pressions financières, l'Europe a ainsi signé un accord contraignant l'Afghanistan à accepter les retours.

Une pétition est en ligne pour demander l'arrêt des expulsions vers l'Afghanistan ou vers tout pays susceptible de mettre en œuvre une tel retour forcé.

Nous relayons l'appel du collectif de sans-papiers CSP75 à manifester pour la fermeture des CRAs et des hotspots. Ces lieux sont une véritable honte pour l'Europe. Dans les CRAs (centres de rétention administratives) sont enfermés des personnes sans papiers en vue de leur expulsion. Parmi elles, des enfants, des malades, des humains tout simplement, dont certains ont passé plus de dix ans en France et y ont construit leur vie. Quant aux hotspots, véritables centres de tri, ce sont des lieux où sont regroupés, dans des conditions de vie indignes, les migrants qui arrivent en Europe après des épreuves souvent terribles.
Appel à manifester vers
le Centre de Rétention Administrative de Vincennes
Vendredi 29 septembre 2017
 
RDV 14h30 Place de la République à Paris
pour se rendre au
Départ de la manifestation RER-Joinville le Pont à 15h30
 

...continuer la lecture de "Manifestation pour la fermeture des CRAs et des hotspots"

Depuis la fin juillet le gouvernement a mis en place un « programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile (PRAHDA) ». Cependant, il s'avère que, loin d'être accueillis, les migrants qui y sont hébergés dans des conditions souvent déplorables reçoivent les uns après les autres leurs arrêtés d'expulsion. Nous relayons ici le communiqué du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples).

...continuer la lecture de "Les PRAHDA : antichambres des expulsions"

Nous relayons la lettre que les demandeurs d'asile soudanais du centre d'hébergement d'Auxerre ont adressée aux autorités pour demander la protection de la France. Ils témoignent des raisons qui les ont poussées à fuir leur pays et des conditions éprouvantes dans lesquelles ils ont fait le trajet jusqu'en France.

...continuer la lecture de "Lettre des demandeurs d’asile soudanais d’Auxerre"

Un poème pour se souvenir que les migrants ne viennent pas en Europe pour profiter des aides sociales mais bien parce qu'ils sentent que ce choix risqué est leur unique échappatoire...

Personne ne quitte sa maison à moins
Que sa maison ne soit devenue la gueule d'un requin
Tu ne cours vers la frontière
Que lorsque toute la ville court également
Avec tes voisins qui courent plus vite que toi
Le garçon avec qui tu es allée à l'école
Qui t'a embrassée, éblouie, une fois derrière la vieille usine
Porte une arme plus grande que son corps
Tu pars de chez toi
Quand ta maison ne te permet plus de rester.
Tu ne quittes pas ta maison si ta maison ne te chasse pas
Du feu sous tes pieds
Du sang chaud dans ton ventre
C'est quelque choses que tu n'aurais jamais pensé faire
Jusqu'à ce que la lame ne soit
Sur ton cou

...continuer la lecture de "Poème d’une immigrée somalienne"

La France est l'un des pays où il est le plus difficile d'obtenir l'asile : en 2015, elle a 67% des demandes ont été rejetées contre 47% en moyenne en Europe ce qui nous met au 25ème rang européen... Pourtant, contrairement à une croyance malheureusement répandue, la France est loin d'être submergée de demandes : en 2015, sur les 24,5 millions de personnes qui ont été contraintes à fuir leur pays à travers le monde,  1,26 millions ont déposé une demande d'asile en Europe dont 74 468 en France. Parmi les quelques 40 000 personnes qui sont chaque année déboutées du droit d’asile en France, certaines ont subi des actes de torture ou d’autres formes de violence politique. Au Centre Primo Levi qui accueille et soigne spécifiquement ces personnes, plus de la moitié des patients suivis en 2015 ont été déboutés du droit d’asile. Nous partageons le rapport qu'il publie sur les failles de la procédure d'asile qui mène à de telles situations aberrantes.


L'Erythrée est l'un des pays dont les ressortissants arrivent les plus nombreux sur les côtes européennes de la Méditerranée. Si ce pays méconnu fait rarement la une des médias, il n'en est pas moins sous le joug d'une des dictatures les plus féroces de la planète : liberté de la presse inexistante, conscription à vie, traitements dégradants... (voir cet article du Monde). Depuis dix ans, plusieurs centaines de milliers d'Erythréens ont pris le chemin de l'exil au péril de leur vie.

Voici le témoignage poignant d'un de ces migrants survivants : temoignage-de-samson-erythreen

Notons les raisons qui le poussent à vouloir s'établir au Royaume Uni plutôt qu'en France mais aussi le fait qu'une personne l'ayant accueilli et nourri a été mise en examen pour aide au séjour irrégulier, le fameux délit de solidarité !

En dépit de la situation politique de l'Erythrée, le gouvernement vient malgré tout d'expulser un migrant érythréen vers le Soudan qui a ensuite toute lattitude pour le renvoyer dans son pays où il risque la mort (voir ce message sur le site des Passeurs d'hospitalité).

Témoignage d'un migrant érythréen

Nous partageons les travaux du réseau Migreurop sur la problématique des camps de réfugiés à l'intérieur et à l'extérieur des frontières de l'Union européenne. Migreurop rapelle ainsi que les politiques de maltraitance et de refoulement des exilés ne sont pas propres aux régimes dirigés par des leaders explicitement xénophobes : depuis une vingtaine d’années, elles sont au cœur des politiques d’externalisation de l’asile et de contrôle des frontières extérieures promues par l’Union européenne.
 
Comme Migreurop, le Cercle de silence de Paris demande la fermeture de tous les camps et le respect de la liberté de circulation et d'installation pour toutes et tous.